Communiqué des habitants-tes de la Zad

24122017
Alors que l’hypothèse d’un abandon officiel du projet d’aéroport se
dessine enfin, on assiste en parallèle à une campagne politique et
médiatique de diabolisation des « zadistes ». A partir de quelques photos
et informations diffusées par des services de gendarmerie, nous voyons,
depuis quinze jours, enfler des fables reprises sans aucune gêne
d’articles en plateau télé par une cohorte d’ »analystes », élu.e.s et
journalistes. Ceci sans que les un.e.s ou les autres semblent souvent se
préoccuper de vérifier quoi que ce soit avant publication.

Dans une atmosphère digne d’une mauvaise Cendrillon, un puits se
transforme alors en tunnel viet-cong, des bâtons plantés dans un talus
en une herse sanguinaire, des zadistes kamikazes attendent du haut des
arbres pour mourir en se jetant sur la police et les sentiers empruntés
quotidiennement par tout un chacun sur la zad sont piégés de toute part.

Au final, la zad serait habitée par une bande de 150 fous furieux tapis
depuis des années dans le bocage le couteau entre les dents, occupés à
essayer tant bien que mal de souder dans la boue des lames de rasoir sur
des boules de pétanque. Il arrive heureusement parfois que des
journalistes fassent aussi leur travail et que certains des mensonges
les plus grossiers soient démasqués : le couple mascotte de riverains
indignés contre la zad au printemps 2016 étaient de faux voisins ; le
JDD a dû s’excuser mardi pour ses fausses « photos secrètes des armes de
la zad »…

Ce n’est pas la première fois que nous avons à faire face à ce type de
campagnes médiatiques, qui nous informent avant tout sur les fantasmes
de leurs auteurs. Leurs boniments hargneux peuvent bien nous faire rire
parfois lors des veillées hivernales. Mais nous n’oublions pas,
qu’au-delà de vendre du papier, ils appuient des objectifs précis et
pourraient avoir des conséquences funestes.

Pour préparer l’opinion à une éventuelle évacuation de la zad, il faut,
de nouveau, créer l’image la plus étrangère et la plus anxiogène
possible des personnes que l’on s’apprête à réprimer. Il s’agit
d’opérer, dans les représentations, le glissement de la catégorie de
« militant.e.s » vers celle de « terroristes ». Ce que le tableau des
« djihadistes verts » vient alors légitimer, c’est que l’on emploie
éventuellement demain des moyens de répression extrêmement brutaux et
possiblement inédits contre nous.
images
On retrouve dans tous ces récits la traduction d’une volonté classique
de diviser un mouvement, en tentant de stigmatiser et d’isoler de leurs
alliés les franges qui apparaissent comme les plus gênantes. Il faut
dire qu’il y a visiblement dans ce pays une foule de décideurs pour qui
la zad et le mouvement anti-aéroport représentent dans leur ensemble un
insupportable affront. Pour ceux qui sentent bien que, pour une fois, le
vent pourrait tourner en leur défaveur, le mot d’ordre semble clair:
« Aéroport ou pas, vengez nous au moins des zadistes ! ». Et ce quand bien
même le sens de la décision annoncée par le gouvernement finirait par
donner raison à celles et ceux qui auront défendu ce morceau de bocage.

Mais si la question de l’évacuation de la zad est restée depuis 2012
ingérable pour l’Etat, cela n’a jamais tenu en soi à la question de 150
soi-disant « ultra-violents », finalement aisément éjectables en d’autres
circonstances. Ce que celles et ceux qui crient au loup cherchent à
gommer c’est que le gouvernement fait face depuis des années à un
mouvement populaire impliquant des voisin.e.s et des paysan.ne.s, des
associations et des groupes informels, des syndicats ou des comités de
soutien dans toutes la France. Et ce mouvement, dans toute son
hétérogénéité, a l’insolence de s’être donné les moyens de faire front
commun. Si le ministère de l’Intérieur, à l’automne dernier, prévoyait
en cas d’expulsion de mobiliser jusqu’au deux tiers des effectifs
policiers disponibles dans ce pays, ce n’est pas parce qu’il devrait
régler le problème d’une quelconque avant-garde combattante isolée, mais
bien parce qu’il ferait face à des dizaines de milliers de personnes
prêtes à résister sur le terrain. Ces dizaines de milliers de personnes
ce sont, entre autres, celles qui sont venues planter leurs bâtons le 8
octobre 2016 sur le sol de la zad et qui demain, si le gouvernement
s’entêtait, seraient partout sur les routes et dans les champs pour
arrêter la police et les tractopelles. Ce sont aussi toutes ces
personnes qui aux quatre coins du pays iraient occuper leur mairie, leur
préfecture ou les places de leur ville en signe de protestation.

Cette détermination n’a rien de nouveau. Déjà à l’automne 2012, 2000
policiers avaient été mis en échec par des semaines d’opposition
physique extrêmement hétérogène – des personnes derrière des barricades
ou dans des cabanes dans les arbres, d’autres allongées sur les routes
ou entrelacées sur les toits des maisons, des tracteurs enchaînés et des
chantiers constants de reconstruction. Ce que cette résistance
improbable avait alors suscité c’était un élan de soutien massif dans
toute la région. Ce qui a changé depuis 2012, c’est que la zad est
devenue plus emblématique encore et que les solidarités multiples
qu’elle suscite se sont densifiées.

Dans le fond, ce que la focalisation pour les « pièges cachés » et les
« boules de pétanque » cherche à mettre sous le tapis c’est qu’il ne
s’agit pas simplement pour les habitants et usagers de la zad, anciens
et nouveaux, d’empêcher la destruction d’un territoire mais aussi de
réinventer d’autres mondes possibles. A ce niveau, il convient de
préciser qu’il n’y pas sur la zad des « ultra-violents » d’un côté et des
« néo-ruraux » de l’autre, mais une diversité de personnes déterminées à
vivre et lutter ensemble. Nous ne séjournons pas dans des casernes mais
construisons pas à pas depuis des années des formes de vie, d’habitat et
d’activités fondées sur le partage, la rencontre, le soin du vivant et
des biens communs.

Pour tous ceux qui, derrière leurs beaux discours, comptent bien
continuer à tirer profit de la destruction des ressources naturelles,
des inégalités croissantes et de la domestication des populations, il
est visiblement inacceptable que quiconque essaie de s’organiser – de
manière un tant soit peu visible et conséquente – à contre courant de
leurs valeurs mortifères. Et pourtant, on peut parier, face à un monde
qui va droit dans le mur, que ce qui se tente concrètement sur la zad de
Notre-Dame-Des-Landes – et dans d’autres espaces – pour reprendre sa vie
en main, continuera à être jugé essentiel et soutenu par un nombre de
plus en plus important de personnes.

Des habitant.e.s de la zad.

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Accueil de merde

17122017

« Au fil des jours la ligne Macron devient plus nette et dessine une politique migratoire d’une rudesse sans précédent. » Ces lignes sont le début d’un article du Monde, et c’est la stricte vérité. A Calais, à Paris les flics du duo Colomb/Macron jettent les migrants dans la nature, à la rue, détruisant leurs abris précaires, leurs maigres tentes quand ils en ont, piquent les rares couvertures. Ordres sont donnés d’éviter la reconstitution de campements malgré le froid très dur… Dans les Alpes la maréchaussée traque les migrants dans la neige sur les cols de la frontière entre la France et l’Italie au mépris des règles de solidarité et de sécurité en montagne. De plus en plus de gens sont enfermés dans les centres de rétention administrative, les « dublinés », les « déboutés » du droit d’asile sont pourchassés, expulsés. Colomb a demandé à chaque préfet de multiplier les expulsions et de préparer un plan de bataille départemental, c’est la guerre aux migrants. Le FN en a rêvé Macron le fait avec le national, plus du tout socialiste, Colomb. Pour expulser plus, Colomb veut même prendre la main sur l’hébergement d’urgence, tout un symbole, la République est en marche, au pas cadencé ! 

sur la façade d'un ministère

sur la façade d’un ministère

 

Il faut résister, utopie néanmoins, Bertrand

 

 

 

 

 




Radio Zinzine, rencontre

12122017

 

Rencontre avec les auditrices et auditeurs le 16 décembre 2017A bientôt dans la nouvelle salle de Grange neuve à 04300 Limans

Une occasion de se rencontrer, discuter et inaugurer notre nouvelle salle commune à Grange Neuve, Longo maï. Pour parler du présent et de l’avenir de radio Zinzine et de l’Ire des chesnaies, pour évoquer les tourments de notre planète.

Le samedi 16 décembre à partir de 15h00

A très bientôt, à la votre, Bertrand




Le nombre de millionnaires augmente, les inégalités aussi

25112017

Bonne blague non ? Il n’y a qu’un journal suisse pour pondre un titre pareil. Sans rire, il faut oser. Le nombre de millionnaires augmente, les inégalités aussi ! Banane, c’est bien parce que le nombre de millionnaires augmente que les inégalités augmentent. Plus la part des riches augmente et plus la part des pauvres diminue, même qu’ils sont de plus en plus nombreux les pauvres, comme les millionnaires justement. C’est même le fondement de notre économie capitaliste mondialisée… Aujourd’hui sur la planète les 1% les plus riches possèdent à eux seuls la moitié de la richesse mondiale. En augmentant un peu, les 10% les plus riches possèdent 88% de la fortune totale, il ne reste plus grand chose pour tous les autres, c’est à dire 90% des habitants de la planète ! Les inégalités sont très géographiques aussi, l’Amérique du nord et l’Europe ont ensemble 64% de la richesse mondiale pour seulement 17% de la population mondiale. En Suisse, pour terminer, 466 000 ménages sont millionnaires, un ménage sur dix environ, pas mal non ?… Barcelone 2017 053

Résistance, utopie, à la votre, Bertrand




Le business est dans le pré

18112017

CONFÉRENCE DÉBAT
vendredi 24 novembre 2017 à 18h30 salle polyvalente de Mane
avec Aurélie TROUVÉ, Porte-parole d‘ATTAC-France

Auteure du livre  »Le Business est dans le pré »
Ingénieur agronome Maître de conférence en Économie, spécialiste des questions agricoles et alimentaires
et Yannick BECKER, Porte-parole de la Confédération Paysanne du 04

« Le business est dans le pré » ou le néo-libéralisme dans la politique agricole Conférence organisée par Attac 04 en partenariat avec la Confédération Paysanne du 04 et l’Assemblée Citoyenne du bassin manosquin. L’agriculture est aussi une affaire de citoyens !

Radio Bistrot à Forcalquier, mardi 28 novembre de 17h00 à 20h00, au bar La Parenthèse à Forcalquier. Débat avec les associations locales sur la baisse des subventions et la fin des emplois aidés, à écouter sur place, ou bien sur radio Zinzine.




L’année prochaine à New York

8112017

L’année prochaine à New York, Dylan avant Dylan, par Antoine Billot aux éditions Arléa

Antoine Billot est universitaire et écrivain, il est l’auteur de plusieurs livres aux éditions Gallimard. L’Année prochaine à New York est son neuvième livre, un très beau livre. Il retrace l’histoire de plusieurs familles de migrants qui ont fui les pogroms en Ukraine et en Lithuanie en 1905 pour rejoindre l’Amérique. Les Greenstein, Solemovitz et Zimmerman, un arrière grand-père et un grand-père de Robert Allen Zimmerman né en 1941 et qui deviendra Bob Dylan. Leurs histoires se mêlent à l’histoire des Etats-Unis. Ils arrivent comme tous les migrants par New York puis rejoignent les Grands Lacs. Il est question des indiens dans ce livre, de l’esclavage, de la misère, la crise de 29 et la grande dépression, la seconde guerre mondiale ; un des oncles du petit Robert Allen, dans l’armée américaine, participe à la libération du camp de Buchenwald. Il y a aussi le racisme, la ségrégation, les lynchages, le maccarthisme… Mais encore beaucoup de musique, surtout celle du sud, de la poésie, de la littérature, tout ce qui va façonner l’oeuvre de Bob Dylan, tout ce que l’on retrouve dans ses chansons, comme dans celle-ci, Blind Willie McTell :  » (…) Je vois leurs vastes plantations brûler – J’entends les fouets claquer – Je sens le doux parfum des magnolias – Et vois les fantômes des vaisseaux chargés d’esclaves – J’entends ces tribus gémir – J’entends les croque-morts bramer – Non, personne ne sait chanter le blues comme Blind Willie McTell. (…) »

Bob Dylan

 




Chemins d’espérance

31102017

Entretien avec Jean Ziegler dans Archipel le journal du Forum Civique Européen, FCE. Archipel n°263 octobre 2017. Extrait, Jean Ziegler : » En ce qui concerne l’argent des dictateurs, je dois admettre mon échec total. Prenons pour exemple l’argent du dictateur au long cours Mobutu: 4 milliards de dollars étaient déposés en Suisse et ont disparu. Personne ne sait où est l’argent sauf bien sûr les banquiers concernés, qui ont transféré les richesses dans un quelconque centre offshore. Un autre exemple: lorsque le président tunisien Ben Ali a été renversé après vingt-trois ans de pouvoir absolu, il était clair que la plus grosse partie de sa fortune reposait en Suisse. Cela a été prouvé quand Ben Ali s’est enfui précipitamment laissant derrière lui tous les documents au palais présidentiel. Le nouveau gouvernement put démontrer précisément le vol, pourtant pas un centime n’est revenu en Tunisie. Dans le cas du président égyptien Moubarak, c’est la même chose: il a été renversé le 25 janvier 2011, lui aussi a fui dans la précipitation et les révolutionnaires sont tombés dans le palais présidentiel sur presque tous les documents de transfert dont beaucoup portaient les noms fantaisistes de diverses sociétés offshore. Dans ce cas également, aucun centime n’a été rendu au peuple égyptien… » Lire l’entretien intégral sur : www.forumcivique.org

Jean Ziegler est sociologue, auteur et collaborateur à l’ONU. C’est l’un des critiques du capitalisme globalisé les plus connus actuellement. Depuis de nombreuses années, il défend ceux que Frantz Fanon a appelés les «damnés de la terre». Il lutta contre la faim et l’oppression, pour les droits humains et la paix, d’abord comme rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, puis comme vice-président du comité consultatif du conseil des droits de l’homme.

Jean Ziegler, Chemins d’espérance, ces combats gagnés, parfois perdus, mais que nous remporterons ensemble, Seuil, octobre 2016

PS : samedi 4 novembre, ouverture de « La Grande salle » au Mas de Granier, Longo maï à St Martin de Crau. 17h30 conférence débat avec Jean-Pierre Berlan et à 20h30 concert du groupe « Faith i Branko ». Tel : 04 90 47 27 42




Le Cairn 2000 (1594m)

27102017

Très belle balade d’automne au Cairn 2000 dans le massif de Lure, Alpes de haute Provence. Depuis le pas de la Graille suivre la crète de Lure en direction de l’est. Vue grandiose, à 360°, sur la vallée de la Durance et les Alpes. Attention les jours de mistral, car là-haut rien ne l’arrête… St Etienne les Orgues (2)




Saisons, nouvelles de la zad

16102017

« Nous sommes là, nous serons là », tel est le serment scandé à Notre-Dame-des-Landes un certain 8 octobre. Nous étions 40 000, bâton en main. Un an après, le serment tient. Face aux menaces sans cesse réitérées d’expulsion de la zad, face à l’incertitude, il tient. Et nous sommes toujours là.

Saisons, nouvelles de la zad, par le collectif mauvaise troupe aux éditions l’éclat 

le phare de la zad

le phare de la zad

un livre à lire en attendant les décisions de la bande à Macron !




Tous des fainéants

18092017

DJhksjyWsAAAJv3L’amicale des fainéants cyniques et extrémistes

à la votre, Bertrand







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