17 juin – Agir contre la réintoxication du monde

21052020

Nous avons aperçu pour la première fois dans nos existences ce qui serait encore possible si la machine infernale s’arrêtait enfin, in extremis. Nous devons maintenant agir concrètement pour qu’elle ne se relance pas.

—- Nous appelons en ce sens les habitant.e.s des villes et des campagnes à déterminer localement les secteurs qui leur semblent le plus évidemment toxiques – cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plateformes amazon sur des terres arables, unités d’élevage intensif ou installations de nouvelles antennes 5G, clusters développant la numérisation de l’existence et un monde sans contact avec le vivant, destructions de forêts et prairies en cours… Nous invitons chacun.e localement à dresser de premières cartographies de ce qui ne doit pas redémarrer, de ce qui doit immédiatement cesser autour d’eux, en s’appuyant sur les cartes et luttes existantes (1). Puis nous appelons le 17 juin à une première série d’actions, blocages, rassemblements, occupations… Viser sérieusement à se défaire de certains pans du monde marchand, c’est aussi se doter des formes d’autonomies à même de répondre aux besoins fondamentaux de celles et ceux que la crise sanitaire et sociale plonge dans une situation de précarité aggravée. Nous appelons donc aussi le 17 juin, dans la dynamique des campagnes covid-entraide et « bas les masques », à des occupations de terres en villes ou dans les zones péri-urbaines pour des projets de cultures vivrières, ainsi qu’à des réquisitions de lieux pour des centres de soins et redistributions. 

Alessandro Pignocchi

Alessandro Pignocchi

Certes, nous ne reviendrons pas sur les espèces disparues, les millions d’hectares de terres ravagées, de forêts détruites, sur les océans de plastique et sur le réchauffement planétaire. Mais de manière inédite dans le capitalocène, les gaz à effet de serre ont diminué partout ou à peu près. Des pans de mers, de terres ont commencé doucement à se désintoxiquer, tout comme l’air des villes suffoquées de pollution. Les oiseaux sont revenus chanter. Alors, pour qui se soucie des formes de vie qui peuplent cette planète plutôt que d’achever de la rendre inhabitable, la pandémie mondiale dans laquelle nous sommes plongé.es, en dépit de tous les drames qu’elle charrie, pourrait aussi représenter un espoir historique. Nous avons paradoxalement vu se dessiner le tournant que l’humanité aurait dû prendre depuis bien longtemps : faire chuter drastiquement la nocivité globale de ses activités. Ce tournant, même les incendies de territoires immenses, les sécheresses consécutives ou les déflagrations à la Lubrizol des mois derniers n’avaient pas réussi à nous le faire prendre.

Cependant, ce tournant que nous désirions tant, nous n’avons généralement pas pu l’éprouver dans nos chairs parce que nous étions enfermé.es. Car mis à part dans certains territoires ruraux et espaces urbains solidaires où existent déjà un autre rapport au collectif, à la production ou au soin du vivant, le confinement a été pour la majorité de la population le début d’un cauchemar. Une période qui renforce encore brutalement les inégalités sociales, sous pression policière. Et le drame absolu c’est que, malgré tout ce que la situation a de bouleversant, nos gouvernants n’en étaient pas moins déterminés à relancer dès que possible tout ce qui empoisonne ce monde et nos vies – tout en nous maintenant par ailleurs isolé.es et contrôlé.es dans des cellules numériques, coupé.es de ce qui fait le sel et la matérialité de l’existence.

Rien ne les fera bifurquer, si on ne les y contraint pas maintenant

Au cours des deux derniers mois, les exposés et tribunes se sont accumulés sur nos écrans à une rapidité inversement proportionnelle à notre capacité à se projeter sur des actions concrètes. Les analyses nécessaires ont été faites sur le lien entre cette épidémie et les flux économiques mondialisés et leurs dizaines de milliers d’avions, la déforestation et l’artificialisation des milieux naturels qui réduisent les habitats des animaux sauvages ou encore l’élevage intensif. Tout a été dit sur la dimension annonciatrice de la pandémie, sur la suite de confinements et de désastres à venir si nous n’en tirons pas les leçons. D’autant que la marche courante de l’économie et des productions sur lesquelles reposent notre mode de vie, va continuer à tuer dans les décennies à venir bien davantage et plus durablement que le covid-19 (2). Mais pour l’État et pour les lobbys agro-industriels, aéronautiques, chimiques ou nucléaires qui guident ses politiques, les conséquences à tirer de la crise sanitaire sont visiblement toutes autres. Ils en ont tout simplement profité pour faire sauter quelques lois environnementales et déverser des pesticides encore plus près des maisons, pour relancer la construction d’avions ou l’extraction minière en Guyane… Il est donc maintenant avéré qu’aucune crise, aussi grave soit-elle, ne les fera dévier du nihilisme absolu de leur obsession économique. Nous avons eu deux longs mois pour nous en rendre compte. A nous maintenant d’agir et d’y mettre fin.

Le gouvernement parle du mois de juin comme d’une « nouvelle marche » dans un déconfinement qui n’est pour lui qu’une remise en marche de l’économie et de la destruction du vivant. La seule « marche » sensée c’est au contraire d’agir concrètement pour l’arrêt des secteurs de productions les plus empoisonnants. Nous appelons donc à une première série de mobilisations simultanées le mercredi 17 juin.

Comment agir ?

Le déconfinement en cours doit être un élan historique de reprise en main sur nos territoires, sur ce qui est construit et produit sur notre planète. Il doit permettre de dessiner ce qui est désirable pour nos existences et ce dont nous avons réellement besoin. C’est une question de survie, davantage que toutes les mesures et tous les nouveaux types de confinements que l’on nous fera accepter à l’avenir. Cela signifie construire de nouvelles manières d’habiter le monde, chacun de nos territoires, mais aussi accepter de rentrer en conflit direct avec ce qui les empoisonne. Il y a des industries qui ne se sont pas arrêtées pendant le confinement et qui doivent aujourd’hui cesser. Il y en a d’autres qui ont été interrompues et dont l’activité ne doit pas reprendre. Cela ne pourra se faire sans constituer chemin faisant des liens avec les travailleurs qui en dépendent économiquement. L’urgence sociale c’est de penser avec elles et eux les mutations possibles des activités et les réappropriations nécessaires des lieux de travail. C’est aussi de contribuer à maintenir un rapport de force permettant de garantir les revenus pendant les périodes de transition et les besoins fondamentaux de ceux dont la crise aggrave encore la précarité. Nous n’atteindrons pas immédiatement toutes les productions qui devraient l’être. Mais il faut commencer, en stopper un certain nombre aujourd’hui pour continuer avec d’autres demain.

Nous appelons en ce sens, les habitant.e.s des villes et campagnes à déterminer localement les secteurs qui leur semblent le plus évidemment toxiques – cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plates-formes amazon sur des terres arables, unité d’élevage intensif ou installations de nouvelles antennes 5G, clusters développant la numérisation de l’existence et un monde sans contact avec le vivant, destructions de forêts et prairies en cours… Nous invitons chacun.e localement à dresser de premières cartographies de ce qui ne doit pas redémarrer, de ce qui doit immédiatement cesser autour d’eux, en s’appuyant sur les cartes et luttes existantes (1). Puis nous appelons le 17 juin à une première série d’actions, blocages, rassemblements… occupations…Viser sérieusement à se défaire de certains pans du monde marchand, c’est aussi se doter des formes d’autonomies à même de répondre aux besoins fondamentaux de celles et ceux que la crise sanitaire et sociale plonge dans une situation de précarité aggravée. Nous appelons donc aussi le 17 juin, dans la dynamique des campagnes covid-entraide et « bas les masques », à des occupations de terres en villes ou dans les zones péri-urbaines pour des projets de cultures vivrières, ainsi qu’à de réquisitions de lieux pour des centres de soins et redistributions.

Nous devons trouver des formes de mobilisations adéquates à la situation. Nous traversons une période où chacune d’entre elle peut avoir une portée décuplée. On peut initier beaucoup à peu (3) mais on doit aussi se donner les moyens d’être nombreux-ses. Nous nous appuierons sur la ténacité des zads, la fougue des gilets jaunes, l’inclusivité et l’inventivité des grèves et occupations climatiques d’une jeunesse qui n’en peut plus de grandir dans un monde condamné. Nous agirons en occupant l’espace adéquat entre chaque personne et pourquoi pas masqués.es quand cela s’avère nécessaire pour se protéger les un.es les autres, mais nous agirons !

Vous trouverez ci-dessous une liste des premiers co-signataires et engagés sur cet appel. Si vous souhaitez le signer aussi, nous envoyer un appel à mobilisation locale ou un texte d’analyse complémentaire, vous pouvez écrire à 17juin@riseup.net. Ils seront mis à jour et apparaîtront entre autres sur le site https://17juin.noblogs.org/ et la page facebook https://www.facebook.com/Agir17juin-101907081540247/ Merci pour tout relais !

Premiers signataires :  Youth For climate Paris, Génération Climat, Notre-Dame-des-Landes Poursuivre Ensemble, Revue Parade, Extinction Rebellion Pepps, Union Syndicale Solidaires, Solidaires 44, Sud Rail, le Front de mères, Partager C’est sympa !, des habitant.e.s de la zad de Notre-Dame-des-Landes, Youth for Climate Lyon, Espace autogéré des tanneries, la Cagette des terres, Assemblée des écologistes en lutte, Attac 44, la commune de Chantenay, Collectif pour le Triangle de Gonesse, la Dérive social club, Longo Mai Grange Neuve, Pour une Ecologie Populaire et Sociale, RISOMES (Réseau d’Initiatives Solidaires Mutuelles et Ecologiques), des opposant.es aux projets de Center Parcs en Isère, Jura et Saône-et-Loire, collect’IF paille, Exctinction Rebellion Nantes, groupe Marcuse, La Mine  collectif Cévenol membre du réseau HALEM, Attac Flandre, Cinémas Utopia, Coordination antinucléaire du Asud-est/CAN-SE, Collectif antinucléaire de Vaucluse/CAN84, ABC’éditions Ah Bienvenue Clandestins ! appel_17_juin_2020_v_0-2-494ec

(1) on peut aller chercher pas mal d’infos dans la carte superlocalhttps://superlocal.team/

(2) multiplication des cancers dus aux pesticides et aux substances toxiques, surpoids, diabète et hypertension tous trois liés à l’alimentation industrialisée (qui touche un tiers de l’humanité et se trouve être aussi la principale co-morbidité des malades atteints du covid-19), morts prématurés de la pollution atmosphérique, résistance bactérienne liée à la surconsommation d’antibiotiques, et à une échelle autre qu’humaine, effondrement de la biodiversité, sixième extinction de masse, un milliard d’animaux tués dans les incendies australiens sans fin l’été dernier.

(3) voir par exemple le lien vidéo sur l’occupation d’une cimenterie Lafarge par « partagez c’est sympa » peu de temps le début du confinement : https://blogs.mediapart.fr/partager-cest-sympa/blog/110320/fin-de-chantier-lafarge-est-bloque et d’autres

 

 




Rencontre à la Zinzine

5122019

Samedi 14 décembre 2019 grande réunion pour discuter du présent et de l’avenir de radio Zinzine, avec les auditrices et auditeurs, amies et amis de radio Zinzine. L’occasion aussi de parler du monde dans lequel nous vivons, des révoltes en cours aux quatre coins de notre planète, de l’état dégradé de cette même planète et de tout ce qui nous passera par la tête…22021

C’est le samedi 14 décembre à partir de 15h00 à la Ferme de Grange neuve à 04300 Limans. 

A bientôt, utopie, résistance, Bertrand




Manif sur la ZAD samedi 26 octobre 2019

25102019

 

Pour la défense des terres communes, pour soutenir les installations paysannes, les manières de vivre et d’habiter qui perdurent dans le bocage, nous appelons à une mobilisation

 le samedi 26 octobre prochain à 11h00 au carrefour de la Saulce sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. image

infos : zad.nadir.org

 




l’histoire de radio Zinzine

29062019
Vous voulez tout savoir sur radio Zinzine, écoutez cette émission de Raymond et Céline de Mare Nostrum : « Radio 
Zinzine; histoire d’une radio »

Voici le lien d’écoute et téléchargement :

22021



Le 6 juillet à la Zinzine !

19062019

Fête de soutien à Radio Zinzine  le samedi 6 juillet 2019 à partir de 17h30

Début des concerts à 20h30 avec Vénus en Marspuis Raoul Petiteet enfin Madame Oleson

Restauration et bar sur place, entrée 10€ ou 7€ ou plus… 

A très bientôt à la Zinzine, 04300 Limans, à la votre, Bertrandthumbnail

dans l’amphithéâtre de Grange neuve

dans l’amphithéâtre de Grange neuve

 




Sondage radio Zinzine

12042019

Une amie de Aix en Provence, Céline, dans le cadre de son travail de thèse, lance en collaboration avec radio Zinzine, une enquête auprès des auditrices et auditeurs de cette radio. Pour que cette enquête ait des résultats significatifs, il faut qu’un maximum d’entre vous prennent un peu de temps pour y répondre. Alors si vous écoutez radio Zinzine ou si vous avez écouté radio Zinzine, merci de prendre dix minutes pour répondre à ce petit questionnaire. Faites-le circuler autour de vous aussi, le plus largement possible…

Vous trouverez le lien vers le sondage ici : https://framaforms.org/sondage-radio-zinzine-2019-1547023693

Merci à toutes et tous, à la votre, Bertrand

22021




La météo en temps réel

5042019

La météo en temps réel, en regardant par la fenêtre et en imaginant le reste, sur radio Zinzine le mardi matin à 8h30… FB_IMG_1551696363161Le temps qu’il fait autour du studio et dans le reste du monde.




Dévotion

22032019

de Patti Smith, éditions Gallimard

Ce très beau livre est partagé en trois parties. Au milieu « Dévotion », une nouvelle qui donne son titre à l’ouvrage. De part et d’autre, Patti Smith nous raconte le cheminement qui la mène à l’écriture de cette nouvelle. Pourquoi l’écriture devient indispensable, pourquoi l’écriture devient naturelle. Elle part de Sète et arrive à Paris, là surgissent des souvenirs de jeunesse et une statue de Voltaire. A Londres elle cherche et trouve la tombe de Simone Weil qu’elle fleurit de lavande. Puis elle retourne dans le sud de la France, à Lourmarin. La maison d’Albert Camus, le manuscrit de son dernier livre inachevé, « Le premier homme »… Maintenant peut commencer la rédaction, doit commencer la rédaction de « Dévotion », une nouvelle glacée… Dévotion




Vilnius, Paris, Londres

8032019

Vilnius, Paris, Londres, de Andrei Kourkov, aux éditions Liana Levi

Si vous n’avez pas encore lu de livres de Andrei Kourkov, allez-y. Si vous en avez déjà lu, vous n’avez pas besoin de mes conseils, vous devez être attentifs à la sortie d’un nouvel ouvrage de cet auteur de langue russe, qui vit à Kiev en Ukraine, né en 1961 en Russie. Vilnius, Paris, Londres, raconte plusieurs périples, plusieurs destins à travers l’Europe. Tous les personnages principaux sont lituaniens et, en 2007 quand la Lituanie entre dans l’espace Schengen, les frontières s’ouvrent pour eux, sans visa. Deux couples partent vivre leur rêve à l’Ouest, l’un à Londres, l’autre à Paris puis le Nord de la France. Le troisième couple devait partir aussi, mais finalement reste et tente de se débrouiller sans migrer. Le rêve d’Europe tourne en eau de boudin, les désillusions sont nombreuses, les regrets aussi. Cette Europe, fort bien décrite, ne fait plus rêver. Un autre personnage, Kukutis, le vieux sage, sans âge tellement il est vieux, traverse l’Europe à pied pour sauver du danger ses compatriotes lituaniens. Il arrive toujours trop tard… Le texte est souvent très drôle, voir loufoque, comme dans tous les livres de Kourkov, on passe parfois au récit extraordinaire, au conte aussi, avec une profonde mélancolie, de la nostalgie, une grande empathie pours ces personnages désemparés. Un beau regard plein de tendresse sur les dix années passées, à travers notre continent, mais aussi à travers un siècle d’histoire… Andrei Kourkov




Une première

3032019

lotoPour soutenir radio Zinzine 







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