Courbet le Communard

7062019

Gustave Courbet est né le 10 juin 1819, il y a deux cent ans, à Ornans dans le Jura, département du Doubs. Courbet est un peintre avant tout, qui fait ce qui bon lui semble, qui n’en fait qu’à sa tête. Mais Courbet est aussi un personnage engagé dans son temps. Petit fils d’un révolutionnaire de 1789, il est un républicain farouche à une époque ou cela était loin d’être évident. Il participe à la révolution de 1848, mais surtout à la Commune de Paris en 1871 dont il est élu. Il devient le responsable de la culture de la Commune et à ce titre décide et organise la démolition de la colonne Vendôme, un monument à la gloire de Napoléon, une grande réussite, un événement populaire.

La colonne Vendôme abattue par les Communards à l'initiative de Gustave Courbet

La colonne Vendôme abattue par les Communards à l’initiative de Gustave Courbet

Courbet pourchassé par la répression versaillaise s’enfuit en Suisse, il meurt en exil en 1877. La colonne Vendôme, hélas a été reconstruite par la réaction versaillaise toujours au pouvoir. A quand sa prochaine destruction ?…

La directrice du musée d’Ornans, Courbet 1819-2019. L’art d’être libre, dit de  ses œuvres : Ses tableaux sont des manifestes, la défense des pauvres, la lutte contre l’injustice sont dans son ADN… Dans sa gigantesque peinture, L’Atelier à Ornans, on retrouve toute l’histoire de Courbet, au centre , lui- même, un autoportrait dans son atelier. A gauche, le peuple, la misère, la souffrance, la révolte… à droite ses amis de toujours, une vie en un tableau.Paris 19 (6) L’origine du monde, le tableau le plus connu de Gustave Courbet, à voir au Musée d’Orsay

 

Utopie, résistance, la Commune n’est pas morte…

L'origine du monde

L’origine du monde

Place Vendôme, Courbet devant Napoléon abattu

Place Vendôme, Courbet devant Napoléon abattu

 




Un nouveau livre de Leonardo Padura

18052019

« La transparence du temps » aux éditions Métailié

Un nouveau livre du cubain Leonardo Padura, c’est toujours un grand plaisir, cela ce vérifie une nouvelle fois avec celui-ci. La Havane en 2014. Mario Conde, l’ancien flic qui approche la soixantaine, a un méchant coup de blues. Il vieillit et n’aime pas ça, trop de ses proches partent ou veulent partir pour voir ailleurs si c’est mieux. Sa ville et son ile sont en pleine décrépitude, comment vivre avec une retraite ou un salaire de misère… C’est un ancien ami de lycée, Bobby, qui va réveiller l’instinct de détective de Conde, un ex-amant lui a volé une mystérieuse statue de la Vierge noire. L’enquête beaucoup plus compliquée que prévu, s’oriente vers les marchands d’art de La Havane, un milieu qui a su profiter de l’ouverture économique de Cuba, ici pas de pauvreté, mais des dollars américains à la pelle. Il y a des morts, et la police, la vraie, s’en mêle. Comme toujours dans ses livres, Leonardo Padura nous entraine pour un grand voyage à travers l’histoire. Cette statue de la Vierge noire est plus que mystérieuse, elle est très très ancienne et a de redoutables pouvoirs. Nous la suivons du treizième siècle durant les croisades, jusqu’au vingt unième siècle à Cuba, en passant, entre autre, par la guerre d’Espagne en 1936. Un tourbillon d’histoire, un grand roman plein d’humour noir et de mélancolie, mais aussi de grandes bouffes entre amis où le rhum coule à flot… Padura 




Louise Michel

1052019

FB_IMG_1556600445513Utopie, résistance, à la votre, Bertrand




Autour des blés de pays au Mas de Granier

19042019

Ruth Stegassy et Jean-Pierre Bolognini  viennent présenter leur livre

 Blés de pays et autres céréales à paille Histoires, portraits et conseils de culture à l’usage des jardiniers et petits cultivateurs aux éditions Ulmer,

 Ce sera aussi l’occasion de se retrouver autour de la collection de blés, de causer sur ces précieuses semailles, de partager nos expériences respectives, et de veiller ensemble autour du four à pizzas avec les mélodies de Léa et son accordéon !

 Au Mas de Granier donc, le samedi 4 mai à partir de 17h

 https://share.riseup.net/#JrnhDfvEfaFl1atyreI2lw

Mas de Granier Coopérative Longo Maï 13310 Saint Martin de Crau blés de pays




Il y a 100 ans, l’assassinat de Rosa Luxemburg

13012019

C’est au cours de la répression de la révolution spartakiste, débutée à l’automne 1918, que sont assassinés le 15 janvier 1919 à Berlin, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht les fondateurs du mouvement spartakiste puis du parti communiste allemand. Leurs corps sont jetés dans le Landwehrkanal. Les auteurs de ce double meurtre font partie des corps-francs, des groupes paramilitaires aux ordres du ministre social-démocrate de l’intérieur Noske. Les Sociaux-démocrates au pouvoir depuis la chute de l’empire en novembre 1918, ont organisé et mené la répression contre les spartakistes qui leur ont pourtant ouvert les portes du pouvoir.Rosa Luxemburg En 1914 Rosa Luxemburg avait été viré du parti social-démocrate parce qu’elle s’opposait à la guerre, contrairement à la grande majorité des socialistes et sociaux-démocrates européens. Elle passe la guerre en prison et n’est libérée qu’en novembre 1918, elle se jette alors dans la révolution et prône la création d’une République des conseils, les dirigeants sociaux-démocrates ne lui en laisse pas le temps. Son compagnon, Léo Jogiches, qui parvient à fuir dans un premier temps, sera finalement assassiné en prison le 10 mars de la même année. Le dernier article de Rosa Luxemburg, paru la veille de sa mort dans le journal spartakiste Die Rote Fahne, s’intitulait « L’ordre règne à Berlin », Il allait régner pour très longtemps… 

Spartakisme, résistance, utopie, Bertrand




La peur de l’insurrection

4012019

Dans La Provence du vendredi 4 janvier 2019, Franz-Olivier Giesbert présente les Gilets jaunes en trois catégories. La première Les infiltrés, ceux qui cherchent à noyauter le mouvement depuis le Rassemblement national ou depuis La France Insoumise, ils n’ont aucune chance prétend FOG. La deuxième, sa préférée, les ambitieux, ce courant est majoritaire décide t’il. Responsable et légitimiste, il est protestataire mais pas factieux ni émeutier. (…), ce deuxième courant est tenté par la politique… Et d’ajouter que si le pouvoir veut désamorcer cette crise, c’est avec eux qu’il faut négocier. Une des représentantes de ce courant, nommée par Giesbert, Jacline Mouraud se vante ailleurs d’avoir voter Sarkozy, c’est dire si elle est dangereuse et combien elle entend changer quelque chose dans ce pays. Enfin, il y a les méchants, celles et ceux qui foutent la trouille à Giesbert, il les méprise et les insulte tout en leur donnant le joli nom de Sans-culottes. Ils rappellent à bien des égards les insurrectionnels de 1789 et se sont mélangés sans difficultés aux casseurs… Ils incarnent une haine qui n’est pas de mise dans un pays qui n’a certes pas à rougir quand on le compare aux autres en matière de santé, de droit social. (…), il y a dans ce courant quelque chose d’infantile ou de sénile, c’est selon, qui ne mène nulle part. Parce que les politiques menées depuis plus de trente ans, par les uns puis les autres, nous mènent, elles, surement quelque part, au désastre social et écologique. Qui est sénile, qui est infantile ? Sa logorrhée primitive rappelle parfois celle de l’un des personnages les plus sinistres de la Révolution française, le célèbre Père Duchesne… Dans sa feuille, il appelait sans cesse à la purge et au meurtre… Je dois dire que Jacques-René Hébert ne fais pas partie de mes préférés, j’ai plus de tendresse pour Jacques Roux et les Enragés, ou bien Gracchus Babeuf et les Egaux. Mais c’est incroyable tout de même, de voir combien ces Sans-culottes, Hébertistes, Enragés et autres continuent de provoquer de la peur et des sueurs froides chez les bons bourges d’aujourd’hui. Sans eux, les Sans-culottes, sans insurrection, sans colère, sans violence, il n’y aurait pas eu de révolution, et les gentils modérés n’auraient pas pu ramasser la mise. Peut-être une nouvelle fois cela va se passer de la même manière, d’ailleurs tout le monde note que sans violence Macron et sa bande n’auraient jamais lâché du lest et entamé un grand débat national. Par contre, quelques fois dans l’histoire, des gentils, des modérés sont passés à la casserole, dégâts collatéraux comme on dit, c’est sans doute cela qui fait grincer ce bon vieux réac de Giesbert… « Ceux qui rendent une révolution pacifique impossible, rendront une révolution violente inévitable ! » (à Paris lors d’une manif du printemps 2018).casseursceuilleurs-5567e

Utopie, résistance et Révolution, à la votre, Bertrand Burollet




Power de Michaël Mention

15122018

Aux éditions Stéphane Marsan

Power est le dixième roman de Michaël Mention, c’est une grande réussite. Il nous raconte pas moins que l’histoire des Black Panthers aux États-Unis à partir de 1965. C’est un roman, mais historiquement très juste. 1965, les Etats-Unis sont embourbés dans la guerre du Vietnam. Les soldats noirs y meurent plus que les autres, et pourtant, les Vietnamiens ne sont pas leurs ennemis. Leurs ennemis sont blancs et vivent dans le même pays qu’eux. Les flics blancs tuent chaque jour plus de noirs, et les noirs sont déjà les plus nombreux en prison. Après l’assassinat de Malcom X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence jusqu’à l’apparition du Black Panthers Party. L’organisation défie l’Amérique raciste, elle s’arme et organise ses militants. Très vite les flics nauséabonds du fascisant Hoover reprennent la main.power Le gouvernement déclare la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable, drogue, infiltrations, procès truqués, assassinats, une violence extrême jusqu’au bout… L’Amérique blanche a eu peur, elle se venge, elle tue, elle enferme, elle humilie. Extrait de l’introduction du livre : « Ca a foiré à cause de nous. Pas à cause du FBI, de la came, des gangs. Ils nous ont pourri la vie mais, le vrai problème, c’était nous. Trop pressés. Des siècles qu’on avait rien, alors on voulait tout et on a foncé. On était sur tous les fronts, tellement impliqués qu’on a rien vu venir. L’envie, c’est ce qui nous a tués. »

Un livre à lire, vraiment ! Bertrand




I’am not your negro

8112018

Un film puissant du cinéaste haïtien Raoul Peck consacré à James Baldwin. Les dernières années de sa vie l’écrivain américain James Baldwin avait commencé à penser un livre sur ses trois amis assassinés, Medgar Evers, Malcom X et Martin Luther King. Raoul Peck a repris les notes de Baldwin, plus ses livres, ses interviews, ses passages à la télé, les conférences qu’il a donné au cours de sa vie. Cela a donné un documentaire salué dans le monde entier, un film à voir absolument. Aujourd’hui, I’am not your negro, est devenu un livre tout autant extraordinaire qui révèle l’œuvre de James Baldwin, sa vision tragique, profonde et pleine d’humanité de l’histoire des Noirs aux États-Unis et de l’aveuglement de l’occident.

Un extrait de l’œuvre de James Baldwin, il s’agit d’un passage d’une intervention de l’auteur à l’université de Cambridge en 1965 : « Sans même parler de tous les faits physiques que nous pourrions citer, sans parler des viols et des meurtres, sans parler du catalogue sanglant de l’oppression qui nous est déjà d’une certaine façon trop familier, ce que cela fait à l’opprimé, c’est détruire son sens de la réalité. Et voilà ce que cela veut dire, dans le cas du Noir américain né dans cette république étincelante… Dès le moment de votre naissance, dans votre innocence, chaque bout de bois, chaque pierre, chaque visage est blanc, et comme vous n’avez pas encore utilisé de miroir, vous supposez que vous aussi vous êtes blanc. C’est un très grand choc pour vous, à l’âge de cinq, six ou sept ans, après avoir vu Gary Cooper tuer des Indiens, et l’avoir applaudi, de découvrir que les Indiens, c’est vous. C’est un très grand choc pour vous de découvrir que le pays où vous êtes né, auquel vous devez la vie et votre identité, n’a pas créé, dans tout son système de fonctionnement réel, la moindre place pour vous. »

Je vous conseille la lecture de ce livre, I’am not your Negro, de James Baldwin et Raoul Peck aux éditions 10/18. N’hésitez pas ensuite à vous plonger dans l’œuvre de James Baldwin. Résistance, utopie, Bertrand i'am not...

 

 




Blés de pays et autres céréales à paille

29102018

Par Ruth Stegassy et Jean-Pierre Bolognini, aux éditions Ulmer

Histoires, portraits et conseils de culture à l’usage des jardiniers et petits cultivateurs blés de pays

fichier pdf Couverture livre 24_7         fichier pdf Sommaire 24_7

Un très beau livre que je vous conseille grandement. Utopie et résistance, Bertrand




Le capitalisme expliqué à ma petite fille

9102018

Jean ZieglerJean Ziegler

Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin) Editions du Seuil 

En espérant qu’elle en verra la fin, tout est dit dans cette petite phrase, Jean Ziegler nous propose d’en finir avec le capitalisme. Il nous explique même dans ce livre que c’est une nécessité pour la survie de l’humanité et de la planète. Le capitalisme détruit tout ce qu’il touche, et il touche à tout. « Il est hautement toxique, mortellement dangereux pour la nature et pour les êtres humains. Et il a tout intérêt à voir des populations divisées, des occidentaux lobotomisés et des peuples du Sud à genoux. » Ce livre est rafraichissant, Jean Ziegler, avec l’âge, reste un militant acharné et cela malgré de hautes fonctions, à l’ONU notamment. Ce livre est clair et étayé, ce n’est pas une analyse scientifique du capitalisme, mais un avertissement, une explication des rouages de ce système maintenant mondialisé. On ne pourra pas sauver notre planète en conservant le système capitaliste puisque c’est lui qui la détruit  « Les 85 milliardaires les plus riches du monde ont possédé en 2017 autant de valeurs patrimoniales que les 3,5 milliards les plus pauvres de l’humanité. La secrétaire générale d’Amnesty international résume ainsi ce scandale : 85 milliardaires qu’on pourrait mettre tous ensemble dans un seul autobus accaparent autant de biens que la moitié la plus pauvre de l’humanité. »

Un livre à lire à tous les âges et je vous le recommande grandement. Bertrand







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