Power de Michaël Mention

15122018

Aux éditions Stéphane Marsan

Power est le dixième roman de Michaël Mention, c’est une grande réussite. Il nous raconte pas moins que l’histoire des Black Panthers aux États-Unis à partir de 1965. C’est un roman, mais historiquement très juste. 1965, les Etats-Unis sont embourbés dans la guerre du Vietnam. Les soldats noirs y meurent plus que les autres, et pourtant, les Vietnamiens ne sont pas leurs ennemis. Leurs ennemis sont blancs et vivent dans le même pays qu’eux. Les flics blancs tuent chaque jour plus de noirs, et les noirs sont déjà les plus nombreux en prison. Après l’assassinat de Malcom X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence jusqu’à l’apparition du Black Panthers Party. L’organisation défie l’Amérique raciste, elle s’arme et organise ses militants. Très vite les flics nauséabonds du fascisant Hoover reprennent la main.power Le gouvernement déclare la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable, drogue, infiltrations, procès truqués, assassinats, une violence extrême jusqu’au bout… L’Amérique blanche a eu peur, elle se venge, elle tue, elle enferme, elle humilie. Extrait de l’introduction du livre : « Ca a foiré à cause de nous. Pas à cause du FBI, de la came, des gangs. Ils nous ont pourri la vie mais, le vrai problème, c’était nous. Trop pressés. Des siècles qu’on avait rien, alors on voulait tout et on a foncé. On était sur tous les fronts, tellement impliqués qu’on a rien vu venir. L’envie, c’est ce qui nous a tués. »

Un livre à lire, vraiment ! Bertrand




I’am not your negro

8112018

Un film puissant du cinéaste haïtien Raoul Peck consacré à James Baldwin. Les dernières années de sa vie l’écrivain américain James Baldwin avait commencé à penser un livre sur ses trois amis assassinés, Medgar Evers, Malcom X et Martin Luther King. Raoul Peck a repris les notes de Baldwin, plus ses livres, ses interviews, ses passages à la télé, les conférences qu’il a donné au cours de sa vie. Cela a donné un documentaire salué dans le monde entier, un film à voir absolument. Aujourd’hui, I’am not your negro, est devenu un livre tout autant extraordinaire qui révèle l’œuvre de James Baldwin, sa vision tragique, profonde et pleine d’humanité de l’histoire des Noirs aux États-Unis et de l’aveuglement de l’occident.

Un extrait de l’œuvre de James Baldwin, il s’agit d’un passage d’une intervention de l’auteur à l’université de Cambridge en 1965 : « Sans même parler de tous les faits physiques que nous pourrions citer, sans parler des viols et des meurtres, sans parler du catalogue sanglant de l’oppression qui nous est déjà d’une certaine façon trop familier, ce que cela fait à l’opprimé, c’est détruire son sens de la réalité. Et voilà ce que cela veut dire, dans le cas du Noir américain né dans cette république étincelante… Dès le moment de votre naissance, dans votre innocence, chaque bout de bois, chaque pierre, chaque visage est blanc, et comme vous n’avez pas encore utilisé de miroir, vous supposez que vous aussi vous êtes blanc. C’est un très grand choc pour vous, à l’âge de cinq, six ou sept ans, après avoir vu Gary Cooper tuer des Indiens, et l’avoir applaudi, de découvrir que les Indiens, c’est vous. C’est un très grand choc pour vous de découvrir que le pays où vous êtes né, auquel vous devez la vie et votre identité, n’a pas créé, dans tout son système de fonctionnement réel, la moindre place pour vous. »

Je vous conseille la lecture de ce livre, I’am not your Negro, de James Baldwin et Raoul Peck aux éditions 10/18. N’hésitez pas ensuite à vous plonger dans l’œuvre de James Baldwin. Résistance, utopie, Bertrand i'am not...

 

 




Blés de pays et autres céréales à paille

29102018

Par Ruth Stegassy et Jean-Pierre Bolognini, aux éditions Ulmer

Histoires, portraits et conseils de culture à l’usage des jardiniers et petits cultivateurs blés de pays

fichier pdf Couverture livre 24_7         fichier pdf Sommaire 24_7

Un très beau livre que je vous conseille grandement. Utopie et résistance, Bertrand




Le capitalisme expliqué à ma petite fille

9102018

Jean ZieglerJean Ziegler

Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin) Editions du Seuil 

En espérant qu’elle en verra la fin, tout est dit dans cette petite phrase, Jean Ziegler nous propose d’en finir avec le capitalisme. Il nous explique même dans ce livre que c’est une nécessité pour la survie de l’humanité et de la planète. Le capitalisme détruit tout ce qu’il touche, et il touche à tout. « Il est hautement toxique, mortellement dangereux pour la nature et pour les êtres humains. Et il a tout intérêt à voir des populations divisées, des occidentaux lobotomisés et des peuples du Sud à genoux. » Ce livre est rafraichissant, Jean Ziegler, avec l’âge, reste un militant acharné et cela malgré de hautes fonctions, à l’ONU notamment. Ce livre est clair et étayé, ce n’est pas une analyse scientifique du capitalisme, mais un avertissement, une explication des rouages de ce système maintenant mondialisé. On ne pourra pas sauver notre planète en conservant le système capitaliste puisque c’est lui qui la détruit  « Les 85 milliardaires les plus riches du monde ont possédé en 2017 autant de valeurs patrimoniales que les 3,5 milliards les plus pauvres de l’humanité. La secrétaire générale d’Amnesty international résume ainsi ce scandale : 85 milliardaires qu’on pourrait mettre tous ensemble dans un seul autobus accaparent autant de biens que la moitié la plus pauvre de l’humanité. »

Un livre à lire à tous les âges et je vous le recommande grandement. Bertrand




Au Mas de Granier, Longo maï

5102018

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Terres communes, sur la Zad, 29-30 septembre 2018

21092018

Défendons le bocage et ses mondes !

Dans un monde qui s’emmure, l’existence de la zad a ouvert des imaginaires aussi éclatants que tangibles. Depuis l’opération César en 2012, elle a servi de point de référence et d’espoir à une foule de personnes qui jugeaient indispensable de construire ici et maintenant d’autres possibles. Après l’abandon de l’aéroport face à un mouvement aussi offensif que massif, le gouvernement a tout mis en œuvre pour se venger et mettre un point final à des années d’expérimentations collectives insolentes. Une série d’attaques militaires, administratives, politiques et judiciaires ont amputé une partie de la zad et fragilisé son assise, et ce malgré les formes de résistance qui se sont trouvées sur ces différents terrains. La signature, en juin, d’un lot de conventions sur les terres occupées a néanmoins marqué une forme de cessez-le-feu et le maintien d’un ensemble de lieux de vie et de projets.

Pourtant, le statu quo actuel est précaire : la zad est toujours en lutte pour son avenir. Début octobre, un nouveau comité de pilotage va décider de la suite à donner aux conventions d’occupation. Il va formuler des orientations pour les années qui suivent face à ce qui s’est construit de singulier ici : le rapport aux communs, au soin du bocage, aux habitats, aux formes de production agricole et d’activités non-agricoles. C’est à ce moment que va être statuée la consolidation de l’emprise foncière des différents projets nés du mouvement ou sa remise en question. Ce qui se décidera dans des bureaux dépendra comme toujours de la présence d’un mouvement vibrant et actif à l’extérieur. C’est ce mouvement qui fera la réalité de ce qui continuera à se vivre sur le terrain face aux cadres institutionnels. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées régulièrement pendant des années sur la base d’un enjeu aussi clair que binaire : il y aurait ou pas un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la zad serait expulsée et le bocage détruit ou pas. Dorénavant, la menace persiste mais n’avance plus sous la forme d’un bloc de béton uniforme prêt à s’écraser brutalement sur nous. Le sens de la lutte se recompose et pourrait paraître offrir moins de prises directes._ _Cependant, tout autant que par le passé, le sort de ce précieux pan de bocage requiert la convergence de forces multiples. Aujourd’hui comme hier, ce qui va rester, se renforcer ou disparaître touche à des questions qui nous dépassent et qui infusent dans d’autres combats ailleurs dans le monde.

Plus d’infos sur zad.nadir.org 

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Utopie, résistance, rendez-vous sur la Zad !




Marre de mai 68 !

12062018

IMG-20180503-WA0000Révolution, utopie, résistance, à la votre, Bertrand




Vive la Zad libre !

25052018

nddl mars 2018 (15)Même De Gaule le dit…

La Zad vivra, utopie, résistance, à la votre, Bertrand




Bureau des exils

22052018

Le 2 juin à 19 heures nous allons accueillir la troupe théâtrale 13r3p avec la pièce « Bureau des exils » (adaptation du livre « De rêves et de papiers » de Rozenn Le Berre, 2017, éditions La Découverte). Une discussion en présence de la compagnie suivra la représentation artistique.

En juillet et août les soirées de la Grande Salle marquent une pause. Le premier samedi de septembre, 01.09., sera la Fête du Mas. On vous tiendra au courant…

A bientôt, l’équipe du Mas de Granier, Longo mai.




Le royaume du crépuscule

30042018

Le royaume du crépuscule de Steven Uhly, aux Presses de la Cité

Un très beau et très grand livre, une fresque monumentale qui se déroule sur quarante années en Allemagne, Pologne et Israël, mais aussi à New York et en France, de 1944 à 1987. Les personnages sont des juifs rescapés des camps de la mort, d’autres venus d’Israël pour aider les rescapés à rejoindre ce pays contre les anglais qui s’opposent à cette migration et la combattent. Des réfugiés allemands qui courent vers l’ouest apeurés par l’arrivée de l’armée rouge, des nazis qui commettent leurs derniers crimes et s’apprêtent à combattre les russes ou à fuir, protégés ensuite par une organisation secrète qui les aide à se cacher et à reprendre pied dans la nouvelle Allemagne. Nous croisons tous ces personnages, leurs enfants et petits-enfants, au gré des années qui ne se suivent pas forcément dans ce très beau texte. On découvre comment les rescapés seront mal traités par les vainqueurs, comment les pogroms se poursuivent après guerre, en Pologne notamment. Pour certains la guerre continue en Israël, au tour des populations arabes de Palestine de devoir fuir leurs maisons et de se réfugier là où ils peuvent. Enfin il y a le temps. Les enfants de la guerre devenus grands tentent de recomposer le puzzle. Il arrive que les enfants des victimes croisent les enfants des bourreaux et, parfois, l’espoir renait, la barbarie n’est pas inéluctable. Il est écrit sur la couverture de ce livre que l’auteur aux cultures multiples sait bien que l’identité n’est qu’affaire de mélange, et que c’est à posteriori que l’Histoire s’écrit. Avant, vivent les hommes héroïques et faillibles.

L’auteur Steven Uhly, est né à Cologne d’une mère allemande et d’un père bengali. Il est romancier et traducteur, il vit à Munich. le royaume du crépuscule

Je vous recommande très fortement ce livre, Bertrand







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