Portraits de communardes et de communards (3)

5 05 2021
Victoire Tinayre

Victoire Tinayre

Victoire Tinayre est née le 6 mars 1831 à Issoire (Puy-de-Dôme). En 1867 elle fonda la Société des Equitables de Paris, coopérative de consommation, et la fit adhérer à l’ Internationale. Elle fut aussi romancière sous le nom de Jules Paty. Elle était liée avec Varlin, Frankel, les frères Reclus, Eugène Pottier…Durant la Commune elle fut nommée inspectrice générale des livres et des méthodes d’enseignement dans les écoles de filles. Pendant la semaine sanglante, elle passa deux jours et deux nuits à l’ambulance de la rue de la Lune avec son mari, allant chercher les blessés jusque sur les barricades. Dénoncée par sa concierge, elle fut arrêtée le 26 mai par les versaillais et enfermée au Chatelet. Son mari, favorable à Versailles, et qui l’avait suivie pour la défendre, fut arrêté à son tour et fusillé aussitôt !! Relâchée,  Victoire Tinayre réussit à gagner Genève. En janvier 1874 elle est condamnée par contumace à la déportation. En Suisse elle poursuit son action révolutionnaire, elle travaille à la Marmite sociale ouverte en 1872. De retour en France en 1880 elle adhère à l’Union des femmes. Proche de Louise Michel, elle écrit avec elle deux romans, La Misère et Les Méprisés  sous le pseudonyme de Jean Guêtré. Elle meurt à 67 ans en 1895.

Théophile Ferré

Théophile Ferré

Théophile Ferré est né le 6 mai 1846 à Paris. Militant blanquiste, il subit quatre condamnations pour délits politiques et de la prison, avant la Commune. Dés le 18 mars il aurait voulu que l’on marche sur Versailles. Il dissuada Louise Michel, dont il était très proche, de s’y rendre pour assassiner Thiers. Elu membre de la Commune le 26 mars, il fut nommé avec Raoul Rigault membre de la commission de Sûreté générale puis substitut du procureur de la Commune. Après l’entrée des versaillais dans Paris il se battit jusqu’au bout, le 28 juin, ultime jour il était encore sur les barricades avec Varlin. Il est arrêté le 9 juillet et comparaît en août-septembre devant le troisième conseil de guerre. « Membre de la Commune de Paris, je suis entre les mains de ses vainqueurs, ils veulent ma tête qu’ils la prennent !… La fortune est capricieuse, je confie à l’avenir le soin de ma mémoire et de ma vengeance. » Louise Michel, qui aimait passionnément Ferré, déploya les plus grands efforts pour le sauver, alors qu’elle était elle même en prison, mais en vain. Théophile Ferré est fusillé le 28 novembre 1871 en même temps que Rossel, il avait 25 ans. 

Victorine Brocher

Victorine Brocher

Victorine Brocher est née à Paris en 1839. Elle et son mari rentrent à Paris en février 1871. Elle participe aux sorties sur Versailles des 7 et 27 avril, elle est citée en exemple par le journal officiel : « Victorine des Turcos de la Commune, félicitée par ses camarades pour le courage qu’elle a montré en suivant le bataillon au feu et l’humanité qu’elle a eue pour les blessés dans les journées des 29 et 30 avril ». Le 3 mai elle préside une réunion du club de la Révolution sociale. Puis elle repart au feu avec son bataillon à Passy. Pendant la semaine sanglante elle se bat de quartiers en quartiers. Le 25 mai elle est condamnée à mort par contumace par la cour martiale, pour l’incendie de la cour des comptes, elle se cache alors à Belleville. Elle fut déclarée morte, mais craignant d’être arrêtée, elle fuit en Suisse en octobre 1872. Là-bas elle adhère à la Fédération jurassienne qui prône une forme d’anarchisme communiste. Puis elle vit entre Londres, Paris et Lausanne, elle fut cofondatrice et institutrice de l’école internationale dirigée à Londres par Louise Michel. Victorine Brocher meurt à Lausanne en 1921.

Raoul Rigault

Raoul Rigault

Raoul Rigault est né le 16 septembre 1846 à Paris. Dés 1865, étudiant, il s’investit pleinement dans l’agitation révolutionnaire et se posa en représentant du quartier des écoles auprès des ouvriers. Très populaire au quartier Latin, il organise la participation des étudiants parisiens au Congrès international des étudiants. Très proche des « blanquistes », il est condamné à dix reprises pour motif politique entre 1867 et 1869. Le 18 mars 1871 on le voit à la mairie du 18ème, le 20 il est nommé à la Préfecture de police par le Comité central, il fait libérer tous les prisonniers politiques. Le 26 il est élu à la Commune par le 8ème arrondissement et siège à la commission de Sûreté générale. Le 4 avril il fit arrêté l’archevêque Darboy et 200 prêtres, puis des gendarmes, fonctionnaires, magistrats et inspecteurs à la solde de Versailles. Par contre il fait libérer Victor Schoelcher et le peintre Renoir. Le 26 avril il est remplacé par son ami Ferré et devient procureur de la Commune. Toujours très radical, il dit néanmoins : « J’aimerais mieux laisser échapper dix coupables que de frapper un seul innocent ». Le 23 mai alors que les versaillais sont dans Paris, il fait exécuter huit otages dont l’archevêque. Le 24 mai il est arrêté dans un hôtel de la rue Gay Lussac, 5ème, où il se reposait. Il porte son uniforme de commandant de la garde nationale. Il crie « Vive la Commune ! » et est abattu d’un coup de révolver, il avait 25 ans. Le corps de Raoul Rigault resta exposé durant deux jours sur le lieu de son exécution, dessiné par le célèbre Pilotell. Il faisait tellement peur aux versaillais que le conseil de guerre le condamna une nouvelle fois à mort par contumace le 29 juin 1872 pour assassinat, il est accusé aussi d’avoir déclenché des incendies au Palais de justice et à la Préfecture de police.

Raoul Rigault mort, dessiné par Pilotell

Raoul Rigault mort, dessiné par Pilotell


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