Portraits de communardes et de communards (2)

6 04 2021
Louise Modestin

Louise Modestin

Louise Modestin a été photographiée à la prison des Chantiers à Versailles en 1871, sur le cliché il y a son nom et cette inscription : Barricadière a fait le coup de fusil. C’est tout ce que l’on sait d’elle. Une autre Louise, anonyme et ambulancière, a été vue à la fin de la semaine sanglante sur la barricade de la rue Saint Maur, Varlin, Ferré, Jean-Baptiste Clément y tiraient les derniers coups de feu. En hommage à son courage Clément a jouté un couplet à sa chanson le temps des cerises et le lui a dédié. « Le dimanche, 28 mai 1871 […]. Entre onze heures et midi, nous vîmes venir à nous une jeune fille de vingt à vingt-deux ans qui tenait un panier à la main. […] Malgré notre refus motivé de la garder avec nous, elle insista et ne voulut pas nous quitter. Du reste, cinq minutes plus tard, elle nous était utile. Deux de nos camarades tombaient, frappés, l’un, d’une balle dans l’épaule, l’autre au milieu du front… Nous sûmes seulement qu’elle s’appelait Louise et qu’elle était ouvrière. Naturellement, elle devait être avec les révoltés et les las-de-vivre. Qu’est-elle devenue ? A-t-elle été, avec tant d’autres, fusillée par les Versaillais ? N’était-ce pas à cette héroïne obscure que je devais dédier la chanson la plus populaire de toutes celles que contient ce volume.  »

Emile Duval

Emile Duval

Emile Duval est né en 1840 à Paris. Il devint fondeur en fer et milita activement pour la journée de dix heures. En 1867 il entra en contact avec les Blanquistes et intégra l’organisation mise en place par le Vieux qu’il rencontra plusieurs fois. En septembre 1870 il rejoint la Garde nationale. En février il préside un comité révolutionnaire de vigilance dans le XIIIème arrondissement. Le 18 mars il reçut l’ordre de s’emparer de la préfecture. Le 19 mars il désigné comme délégué à la préfecture de police avec Raoult Rigault. Le 26 mars 1871 il est élu à la Commune par le XIIIème. Le 3 avril il participe en tant qu’officier à la sortie sur Versailles. Duval se retrouva bloqué sur le plateau de Chatillon et fut contraint de se rendre le 4 au matin. Il a été fusillé sur ordre du général Vinoy, qui dirige l’armée versaillaise contre la Commune, avec Emile Lecoeur et Joseph-Emile Mauger. Le 7 avril la Commune rebaptisa la place d’Italie place Duval.

Nathalie Le Mel

Nathalie Le Mel

Nathalie Le Mel est née à Brest en 1826. Elle milita au coté de Varlin et participa aux grèves des relieurs en 1864 et 1865 et au lancement du restaurant coopératif La Marmite ou chaque soir elle philosophait. Durant la Commune elle fut avec Elisabeth Dmitrieff une des animatrices de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Lors de l’entrée dans Paris des versaillais, Nathalie Le Mel se distingua aux Batignolles d’abord, place Pigalle ensuite, soignant les blessés et exhortant les fédérés à la résistance, mais sans faire le coup de feu. Elle fut arrêtée le 21 juin. Le 10 septembre 1872 elle est condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée. Le 10 août 73 malgré un état de santé déplorable elle est embarquée avec Louise Michel vers la Nouvelle Calédonie. Elle rentre amnistiée en 1879 et milite à la revue socialiste. Devenue aveugle, elle entre à l’hospice d’Ivry en 1915 et y meurt en 1921. Aujourd’hui une petite place du IIIème arrondissement porte son nom. 

Eugène Varlin

Eugène Varlin

Eugène Varlin est né en 1839 en Seine et Marne. A l’âge de 13 ans il part à Paris comme apprenti relieur. Il adhère à l’Internationale en 1865 et anime les grèves de sa profession. Il fonda avec d’autres la coopérative de consommation la Ménagère et le restaurant coopératif la marmite. Un des principaux représentants de l’Internationale en France il participe au 4ème congrès de l’organisation à Bâle en 1869. Mais recherché il doit s’exiler en Belgique. Il fut élu à la Commune par trois arrondissements et choisit de représenter le VIème. Il siège à la commission des finances, aux subsistance et à l’intendance. Tous les jours de la semaine sanglante il se bat sur les barricades de la rue de Rennes puis du Panthéon jusqu’au 28 juin, il réussit à échapper à l’encerclement mais est dénoncé par un prêtre qui l’a reconnu. Il est exécuté sans jugement et tombe en criant Vive la Commune. Faisant mine d’ignorer cette exécution sommaire, le conseil de guerre le condamne à mort le 30 novembre 1872. Une rue du Xème porte son nom.

 


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