Power de Michaël Mention

15122018

Aux éditions Stéphane Marsan

Power est le dixième roman de Michaël Mention, c’est une grande réussite. Il nous raconte pas moins que l’histoire des Black Panthers aux États-Unis à partir de 1965. C’est un roman, mais historiquement très juste. 1965, les Etats-Unis sont embourbés dans la guerre du Vietnam. Les soldats noirs y meurent plus que les autres, et pourtant, les Vietnamiens ne sont pas leurs ennemis. Leurs ennemis sont blancs et vivent dans le même pays qu’eux. Les flics blancs tuent chaque jour plus de noirs, et les noirs sont déjà les plus nombreux en prison. Après l’assassinat de Malcom X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence jusqu’à l’apparition du Black Panthers Party. L’organisation défie l’Amérique raciste, elle s’arme et organise ses militants. Très vite les flics nauséabonds du fascisant Hoover reprennent la main.power Le gouvernement déclare la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable, drogue, infiltrations, procès truqués, assassinats, une violence extrême jusqu’au bout… L’Amérique blanche a eu peur, elle se venge, elle tue, elle enferme, elle humilie. Extrait de l’introduction du livre : « Ca a foiré à cause de nous. Pas à cause du FBI, de la came, des gangs. Ils nous ont pourri la vie mais, le vrai problème, c’était nous. Trop pressés. Des siècles qu’on avait rien, alors on voulait tout et on a foncé. On était sur tous les fronts, tellement impliqués qu’on a rien vu venir. L’envie, c’est ce qui nous a tués. »

Un livre à lire, vraiment ! Bertrand




Ukraine, Sauvons le massif de Svydovets

29112018

Depuis plus d’un an maintenant, nos amis de Longo maï en Ukraine, luttent au sein de l’association Free Svydovets pour protéger ce magnifique massif des Carpates de la destruction qui lui est promise.

Le massif Svydovets se situe dans les Carpates à l’ouest de L’Ukraine dans la région de Transcarpatie. Il est composé de nombreuses forêts, d’alpages et de trois lacs naturels. Caractérisé par son aspect sauvage, il est un des massifs les plus riches en faune et flore du pays. Il serait au centre de l’Europe géographique. Au cœur du massif naît la rivière Tchorna Tisza – la source de la Tisza, la rivière la plus importante de la région, qui beaucoup plus loin se jette dans le Danube, en Serbie, après avoir traversé toute la Hongrie. Le massif reçoit les principales pluviométries de la région, 1400mm/an, son sommet se situe à 1883 mètres.

 L’association Free Svydovets regroupe des militants du village de Lopukhovo, niché sur le flanc du massif, des organisations écologiques de la Transcarpatie, de Lviv et de Kiev, des juristes et les membres de la coopérative de Longo maï en Ukraine.

 Le massif de Svydovets est menacé par un complexe touristique complètement démesuré, une énorme station de ski à une altitude où les précipitations de neige sont loin d’être garanties. 33 remontées mécaniques pour 230 kms de pistes, 60 hôtels, des centres commerciaux, des parkings de plusieurs étages. Une ville nouvelle conçue pour 28 000 touristes et 5 000 employés construite sur 14 000 ha de forêts qui seraient détruits ! 

délégation internationale dans le massif de Svydovets

délégation internationale dans le massif de Svydovets

 

 Depuis un an la résistance s’organise pour sauver l’un des plus beaux massifs des Carpates, l’un des derniers massifs sauvages et préservés d’Europe. Des journalistes, des spécialistes de l’environnement ont été amenés sur place pour visualiser l’absurdité et la nocivité d’un tel projet. L’objectif est d’informer la population de Transcarpatie et de toute l’Ukraine sur ce projet, et faire comprendre que sa réalisation serait une catastrophe écologique et environnementale. Dans ce sens, une première délégation d’Européens de l’Ouest, représentants d’ONG de Suisse, de France et d’Autriche, s’est rendue sur place au mois de juin à l’initiative de Longo maï. Après une longue visite sur le terrain, les membres de la délégation ont participé à une conférence de presse organisée par Free Svydovets. Les articles parus ont enfin permis de rendre public, en Ukraine, les effets de ce projet contesté. 

 Sur le plan juridique un procès a été intenté, avec le soutien de Free Svydovets, pour des irrégularités lors des procédures d’enquêtes publiques. Le tribunal régional a donné raison aux opposants au projet et ont cassé les décrets des sous-préfets de Tyatchiv et Rakhiv, à la fin de l’année 2017. En mai 2018 les juges de la cour d’appel de Lviv, après un simulacre de procès, ont cassé la décision de la première instance. Il a été fait appel devant la Cour Suprême à Kiev, la date de l’audience n’est pas encore connue.

 A son tour une délégation d’Ukrainiens opposés au projet s’est rendu à Bruxelles. Un député, un scieur, une journaliste, un scientifique, un avocat, les représentants de Free Svydovets. Ils se sont rendus au Parlement Européen mais aussi à la Commission Européenne pour rencontrer les responsables en charge des accords bilatéraux entre l’EU et l’Ukraine. Suite à une conférence de presse sur place, la télévision nationale ukrainienne a fait un reportage sur la délégation diffusé à une heure de grande écoute. De même, l’agence de presse Ukrinform de Kiev a sorti un article qui n’est pas passé inaperçu en Ukraine.

Puis la délégation s’est rendue en Suisse, elle a été reçue à la ferme Longo maï du Montois et à l’université de Bern. Ces rencontres et échanges ont permis d’organiser la suite de la campagne pour sauver le massif de Svydovets. Le séjour s’est terminé par une petite manifestation, Place des Nations à Genève.

Nous allons poursuivre cette action pour sauver l’une des plus belles et plus riches forêts des Carpates. Nous ne pouvons pas laisser quelques oligarques décider de l’avenir d’un tel endroit. Nous pouvons ensemble empêcher cette catastrophe écologique et environnementale.

Signez la pétition en ligne

Signez et faites signer cette pétition pour sauver ce magnifique massif des Carpates, profitez-en pour visiter le site de Free Svydovets. Utopie et résistance, à la votre, Bertrand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Rencontre avec radio Zinzine à Gap

20112018

Nous avons le plaisir de vous inviter à faire un saut à notre rencontre annuelle qui se décentre dans les Hautes Alpes à l’invitation de l’association GEL samedi 1er décembre 2018 au Centre Social du centre ville de Gap de 16H30 à 19H30 place Grenette (juste en face de la prison, ne vous trompez pas…)

 A bientôt et au plaisir de faire connaissance ou de vous retrouver !

 Renseignements au 06 18 04 90 22

 Programme

Un point sur nos aventures radiophoniques en dialogue avec les participants, deux sujets qui ont eu un écho important sur nos ondes depuis les Hautes-Alpes : l’accueil des migrants et les questions d’aménagement du territoire (la THT, l’impact du tourisme, le maintien de l’agriculture  et d’activités rurales…)Les avis de chacun sur la place d’une radio locale libre dans la profusion médiatique actuelle. Un échange sur les aléas politiques du moment. Et bien sûr, en priorité,  toute question que vous amènerez et avez envie de discuter.

 A la fin, nous pourrons jouer les prolongations plus informelles autour d’un verre, voire casser la croûte en repas partagé chez les amis du Cesaï (Centre social autogéré de l’imprimerie), où il y aura en tout cas une soupe fumante à déguster.

 Les associations sont les bienvenues, un info-kiosque sera disponible pour les brochures et parutions.

 En avant-programme, une émission sur Gap et son monde sera diffusée depuis Gap le jour-même à partir de 12h30 sur les ondes de la radio. automne 14 006




I’am not your negro

8112018

Un film puissant du cinéaste haïtien Raoul Peck consacré à James Baldwin. Les dernières années de sa vie l’écrivain américain James Baldwin avait commencé à penser un livre sur ses trois amis assassinés, Medgar Evers, Malcom X et Martin Luther King. Raoul Peck a repris les notes de Baldwin, plus ses livres, ses interviews, ses passages à la télé, les conférences qu’il a donné au cours de sa vie. Cela a donné un documentaire salué dans le monde entier, un film à voir absolument. Aujourd’hui, I’am not your negro, est devenu un livre tout autant extraordinaire qui révèle l’œuvre de James Baldwin, sa vision tragique, profonde et pleine d’humanité de l’histoire des Noirs aux États-Unis et de l’aveuglement de l’occident.

Un extrait de l’œuvre de James Baldwin, il s’agit d’un passage d’une intervention de l’auteur à l’université de Cambridge en 1965 : « Sans même parler de tous les faits physiques que nous pourrions citer, sans parler des viols et des meurtres, sans parler du catalogue sanglant de l’oppression qui nous est déjà d’une certaine façon trop familier, ce que cela fait à l’opprimé, c’est détruire son sens de la réalité. Et voilà ce que cela veut dire, dans le cas du Noir américain né dans cette république étincelante… Dès le moment de votre naissance, dans votre innocence, chaque bout de bois, chaque pierre, chaque visage est blanc, et comme vous n’avez pas encore utilisé de miroir, vous supposez que vous aussi vous êtes blanc. C’est un très grand choc pour vous, à l’âge de cinq, six ou sept ans, après avoir vu Gary Cooper tuer des Indiens, et l’avoir applaudi, de découvrir que les Indiens, c’est vous. C’est un très grand choc pour vous de découvrir que le pays où vous êtes né, auquel vous devez la vie et votre identité, n’a pas créé, dans tout son système de fonctionnement réel, la moindre place pour vous. »

Je vous conseille la lecture de ce livre, I’am not your Negro, de James Baldwin et Raoul Peck aux éditions 10/18. N’hésitez pas ensuite à vous plonger dans l’œuvre de James Baldwin. Résistance, utopie, Bertrand i'am not...

 

 




Blés de pays et autres céréales à paille

29102018

Par Ruth Stegassy et Jean-Pierre Bolognini, aux éditions Ulmer

Histoires, portraits et conseils de culture à l’usage des jardiniers et petits cultivateurs blés de pays

fichier pdf Couverture livre 24_7         fichier pdf Sommaire 24_7

Un très beau livre que je vous conseille grandement. Utopie et résistance, Bertrand




Au Mas de Granier, le 3 novembre à partir de 18h00

22102018

Ce mois-ci au Mas de Granier, tisane fumante et feu de cheminée, nous aurons l’occasion de regarder

 Plan de situation #8

Grand Ensemble

 un film de

 Till Roeskens

 suivi d’une discussion en sa présence

 Pour satisfaire les appétits, une soupe de légumes sera servie

 avant d’embarquer dans l’univers de

 Géronimo !

fichier pdf Soirée du 3 novembre pdf

La ferme de Longo Maï dans la Crau (photo BB)

La ferme de Longo Maï dans la Crau (photo BB)




Patrice est parti

14102018

??????????????????????  Patrice Meynet est décédé le 11 octobre et nous sommes immensément tristes, une tristesse à la hauteur de la formidable amitié qui nous liait depuis longtemps. Avec lui nous avons milité à la Confédération paysanne contre l’agro-industrie. Puis nous avons créé l’association Païsalp pour la défense de l’agriculture paysanne et la promotion des producteurs fermiers en Provence. Il en était le président. Avec toutes et tous les autres, nous nous sommes régalés pendant des années à faire vivre cette association avec lui et son épouse Elisabeth. Chaque réunion, chaque foire ou marché, chaque rencontre souvent internationale, était une fête en grande partie grâce à lui. Avant de devenir petit paysan, en compagnie d’Elisabeth, sur la ferme de Taterre à Sigonce, il avait été prof, sans doute de là lui venait la passion pour le langage, les mots, l’étymologie, il pouvait en parler des heures. Comme lors de ces géniales soirées à la ferme de Taterre, autour de la grande table en bois. Un canard ou un lapin, les légumes de la ferme, le fromage de chèvre,« Mange et tais-toi », puis il se mettait à raconter. Nos sujets de prédilections étaient la géographie et l’histoire, nos discussions étaient incroyables et généralement l’on repartait avec une revue, un livre, à lire absolument. Elisabeth et Patrice ont plus que le don de l’accueil, leur maison est un carrefour, un lieu de rencontre et de découverte de personnages du monde entier. Pour chacune, chacun il y a toujours une assiette pour se restaurer, une histoire à écouter, un bon moment à partager. Lors d’un voyage de Païsalp en Ukraine, tous les deux étaient tombés en grand amitié avec Yolana et Oreste de la ferme de Longo maï en Transcarpathie, ils y sont retournés à plusieurs reprises, c’était bien. Le samedi matin on pouvait le trouver à la ferme de Grange neuve où il venait chanter, faisant profiter la chorale de sa belle voix profonde. C’est une belle aventure que nous avons vécu avec toi, Patrice, combien tu vas manquer à tous tes amis, comment tu nous manques déjà. Rien ne pourra remplacer ta grande moustache, tes beaux yeux bleus rieurs, plein de générosité et de malice, ton sourire… Ciao et merci pour tout.

Ulli et Bertrand




Le capitalisme expliqué à ma petite fille

9102018

Jean ZieglerJean Ziegler

Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin) Editions du Seuil 

En espérant qu’elle en verra la fin, tout est dit dans cette petite phrase, Jean Ziegler nous propose d’en finir avec le capitalisme. Il nous explique même dans ce livre que c’est une nécessité pour la survie de l’humanité et de la planète. Le capitalisme détruit tout ce qu’il touche, et il touche à tout. « Il est hautement toxique, mortellement dangereux pour la nature et pour les êtres humains. Et il a tout intérêt à voir des populations divisées, des occidentaux lobotomisés et des peuples du Sud à genoux. » Ce livre est rafraichissant, Jean Ziegler, avec l’âge, reste un militant acharné et cela malgré de hautes fonctions, à l’ONU notamment. Ce livre est clair et étayé, ce n’est pas une analyse scientifique du capitalisme, mais un avertissement, une explication des rouages de ce système maintenant mondialisé. On ne pourra pas sauver notre planète en conservant le système capitaliste puisque c’est lui qui la détruit  « Les 85 milliardaires les plus riches du monde ont possédé en 2017 autant de valeurs patrimoniales que les 3,5 milliards les plus pauvres de l’humanité. La secrétaire générale d’Amnesty international résume ainsi ce scandale : 85 milliardaires qu’on pourrait mettre tous ensemble dans un seul autobus accaparent autant de biens que la moitié la plus pauvre de l’humanité. »

Un livre à lire à tous les âges et je vous le recommande grandement. Bertrand




Au Mas de Granier, Longo maï

5102018

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Terres communes, sur la Zad, 29-30 septembre 2018

21092018

Défendons le bocage et ses mondes !

Dans un monde qui s’emmure, l’existence de la zad a ouvert des imaginaires aussi éclatants que tangibles. Depuis l’opération César en 2012, elle a servi de point de référence et d’espoir à une foule de personnes qui jugeaient indispensable de construire ici et maintenant d’autres possibles. Après l’abandon de l’aéroport face à un mouvement aussi offensif que massif, le gouvernement a tout mis en œuvre pour se venger et mettre un point final à des années d’expérimentations collectives insolentes. Une série d’attaques militaires, administratives, politiques et judiciaires ont amputé une partie de la zad et fragilisé son assise, et ce malgré les formes de résistance qui se sont trouvées sur ces différents terrains. La signature, en juin, d’un lot de conventions sur les terres occupées a néanmoins marqué une forme de cessez-le-feu et le maintien d’un ensemble de lieux de vie et de projets.

Pourtant, le statu quo actuel est précaire : la zad est toujours en lutte pour son avenir. Début octobre, un nouveau comité de pilotage va décider de la suite à donner aux conventions d’occupation. Il va formuler des orientations pour les années qui suivent face à ce qui s’est construit de singulier ici : le rapport aux communs, au soin du bocage, aux habitats, aux formes de production agricole et d’activités non-agricoles. C’est à ce moment que va être statuée la consolidation de l’emprise foncière des différents projets nés du mouvement ou sa remise en question. Ce qui se décidera dans des bureaux dépendra comme toujours de la présence d’un mouvement vibrant et actif à l’extérieur. C’est ce mouvement qui fera la réalité de ce qui continuera à se vivre sur le terrain face aux cadres institutionnels. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées régulièrement pendant des années sur la base d’un enjeu aussi clair que binaire : il y aurait ou pas un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la zad serait expulsée et le bocage détruit ou pas. Dorénavant, la menace persiste mais n’avance plus sous la forme d’un bloc de béton uniforme prêt à s’écraser brutalement sur nous. Le sens de la lutte se recompose et pourrait paraître offrir moins de prises directes._ _Cependant, tout autant que par le passé, le sort de ce précieux pan de bocage requiert la convergence de forces multiples. Aujourd’hui comme hier, ce qui va rester, se renforcer ou disparaître touche à des questions qui nous dépassent et qui infusent dans d’autres combats ailleurs dans le monde.

Plus d’infos sur zad.nadir.org 

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Utopie, résistance, rendez-vous sur la Zad !







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